Vacances d’hiver en Finistère
On dit que c’est un pays dur, tout en roc et en bourrasques, que de novembre à mars on ne met pas un bateau dehors, qu’il pleut et qu’il vente à longueur de temps… Et bien évidement, « on » a tort, la preuve. En plein mois de février, il y a sur les rivières finistériennes des équipages épanouis qui se mettent le vent dans le dos et le soleil en face, qui glissent en silence et s’esclaffent bruyamment, bref, qui se paient une bonne rasade de Muscadet du meilleur cru entre les rives tranquilles de l’Odet…
Le Muscadet superstar !
Il ne faisait pas chaud ce matin sur les pavés du quai du port Debilly, devant le Trocadéro. Et on a passé un long moment à sauter sur place avant de voir enfin surgir de la brume devinez quoi, Tabarly à Newport en 76 ? Non, cinq Muscadet venus de la Bastille et dûment encadrés par le zod’ de la brigade fluviale. Ça valait la peine de battre le pavé. A peine passé le pont de Bir Hakeim, les équipages mâtaient en poussant des cris d’Indiens et envoyaient les voiles. Ces quelques bords devant la Tour, ils les ont tirés pour la postérité dans une petite brise sympathique, pas gênés par le trafic fluvial en ce jour de grève. La passion des fanatiques du Muscadet, elle, ne débraye jamais. Ils enchaînent sur la Parisienne, une régate qui a lieu en Seine du côté de Mantes-la-Jolie. A chacun ses manifestations.



