Sécurité : choisir et entretenir son gilet gonflable

gilet gonflable

Quelle flottabilité, quel modèle choisir, quel équipement ? Et que dit la réglementation ? Quid de l’entretien, peut-on le faire soi-même ? Tour d’horizon de ce vaste sujet…

En assistant dernièrement à la démonstration des hôtesses de l’air en pleine manipulation des gilets de sauvetage embarqués dans les avions de ligne, un constat sans appel s’est imposé : nos gilets dédiés à la navigation sont tout de même d’un autre acabit, ouf ! D’autant que la bonne vieille brassière de sécurité en mousse (à flottabilité permanente) dont le col rebelle se rabattait sans cesse à la moindre risée apparaît aujourd’hui comme un vieux souvenir.

Sans parler de l’inconfort de l’ensemble dès qu’il s’agissait de manoeuvrer ou encore de se caler au rappel dans les filières. Pourtant, on les retrouve encore ici et là dans les catalogues de shipchandlers et sur certaines vieilles unités limitées à la zone de navigation des 6 milles. Mais également à bord des voiliers de location, économies obligent, bien empilés sous la couchette du triangle avant…

Rassurez-vous, si vous en avez à bord, ces derniers restent parfaitement légaux : la réglementation en vigueur s’attache plus à leur flottabilité qu’à des aspects esthétiques ou pratiques… Pour autant, les gilets dits automatiques ont pris la relève, surtout grâce à leur commodité redoutable. En effet, aujourd’hui les performances des gilets se jugent aussi bien sur le pont pour leur discrétion et leur légèreté que dans l’eau pour leur réactivité et leur efficacité à maintenir un naufragé à flot sur le dos, tête hors de l’eau. Mais alors comment choisir le bon gilet autogonflant ?

gilet conflable

Cette balise de suivi par GPS permet de suivre une personne à distance jusqu’à 5 milles via une application sur téléphone ou tablette. Le porteur peut envoyer une alerte SMS en cas de souci. Prix : 151 € (Tifiz).

La réglementation des gilets de sauvetage

En premier lieu, votre programme de navigation déterminera votre sélection. Si celui-ci vous entraîne le long des côtes de l’Hexagone, il est impératif de se reporter à la Division 240 pour demeurer dans les clous. Si vous voguez à moins de 2 milles d’un abri comme en dériveur, à bord d’engins de plage type paddle ou dans le cadre d’une régate inshore, votre gilet devra faire 50 newtons au minimum. Dans ce cas, on parlera d’un équipement d’aide à la flottabilité : il doit maintenir les voies respiratoires hors de l’eau pour un porteur conscient sachant nager.

Ces gilets de sauvetage n’assurent pas le retournement et restent interdits aux enfants de moins de 30 kg. Pour une navigation entre 2 et 6 milles, la réglementation impose des gilets de sauvetage de 100 newtons, qui autorisent le retournement tout en permettant à une personne inconsciente d’avoir la tête hors de l’eau. Pour les autres zones de navigation, (en semi-hauturier et hauturier), il faudra opter pour un gilet de 150 newtons minimum avec ou sans harnais intégré.

Vu que cet équipement est devenu obligatoire dès que l’on navigue à plus de 6 milles d’un abri, autant grouper vos achats avec un modèle incorporant le harnais pour gagner en simplicité. Normalement il devra garantir un retournement au mieux en cinq secondes, soutenir la tête de l’homme à la mer sur les côtés et vers l’arrière. Il ne s’agit toutefois pas de prendre cette dernière exigence pour argent comptant car lors de nos tests dans le comparatif spécial gilet du VM n°221, le retournement d’un corps immergé s’était toujours avéré beaucoup plus long, voire impossible !

gilet conflable

Le tube de cyalume reste une valeur sûre. Facile à glisser dans son gilet, il suffit de le tordre pour actionner une réaction chimique produisant de la lumière par fluorescence. Prix : 2,86 € (à l’unité).

 

Bien se référer à la norme

Les principales marques proposent aussi des produits pouvant aller jusqu’à 300 newtons pour coller à la norme européenne. Celle-ci garantit le retournement d’un individu même équipé de vêtements de protection lourds type ensemble complet haut et bas de ciré avec bottes.

Reste à déterminer la taille et surtout la flottabilité réelle de votre futur achat en fonction de votre masse corporelle. Pour cela, il est recommandé de se rapporter aux normes en vigueur (le marquage CE et ISO 12402-4), facilement visible sur l’étiquette de chaque modèle de gilet, déchiffrable pour le commun des mortels, c’est une autre histoire….

On y retrouve la catégorie en newtons (50, 100 ou 150 N), – elle fera office de preuve du respect de la loi en cas de contrôle par les Affaires maritimes – rapportée à un poids maximal : 70 kg et plus. C’est lui qui détermine la flottabilité réelle de votre gilet. Par exemple, dans le cas d’un gilet estampillé 150 N, c’est seulement dans le cas d’un porteur de 70 kg ou plus que la flottabilité requise est de 150 N.

Pour un porteur plus léger, celle exigée par la norme sera plus faible. En effet, pour un individu compris entre 50 et 70 kg dans la catégorie 150 newtons, la capacité de flotter demandée pour obtenir le marquage CE est de 130 N. En définitive, pour une classe de gilet donnée, les petites tailles ont proportionnellement moins de flottabilité.

gilet conflable

La flash light est devenue obligatoire pour chaque membre d’équipage et ce, quelle que soit la catégorie de navigation. L’activation se fait automatiquement au contact de l’eau. Prix : 15 €.

Ne pas jouer avec la sécurité

Quant aux modèles de gilets proposant des flottabilités supérieures à 150 N, la question ne se pose plus ! En outre, il est impératif d’essayer le gilet avant de repartir avec. Ne pas hésiter à le porter en magasin avec des vêtements en dessous car vous le porterez ajusté et sur une tenue de mer.

Anatomiquement très proches, les modèles des fabricants vont aussi se répartir dans différentes familles – régate, côtier, hauturier – en fonction de leur ergonomie et de leurs équipements. La famille des régatiers réunit les gilets très compacts et très courts pensés pour manœuvrer énergiquement sans gêne.

Pour la sécurité, il nous semble aussi essentiel qu’un gilet dispose d’une boucle de capelage pour une longe (vérifier la facilité d’utilisation des mousquetons) : cela reste le meilleur moyen de ne pas passer par-dessus bord. Optez également pour des modèles dotés d’une sous-cutale – simple ou double – qui empêchera un gilet mal ajusté de s’échapper vers le haut une fois gonflé et qui facilitera la récupération à bord du naufragé.

gilet conflable

La boucle du harnais intégrée au gilet permet de crocheter une longe. Outil indispensable pour garantir vos déplacements sur le pont en toute sécurité. Prix : 35 € (longe simple).

Comment entretenir son gilet de sauvetage ?

Du côté de l’entretien réalisable soi-même, il est facile de vérifier l’état de la cartouche de CO2 (percutée ou non et bien vissée) et de la pastille de sel. En effet, tous les nouveaux gilets disposent au niveau du percuteur (Hammar, UML ou Secumatic), de voyant(s) de contrôle. En les enfilant, il faut donc s’assurer qu’ils sont tous au vert à travers la fenêtre de visualisation. Lors de l’hivernage, mettez vos gilets avec vos voiles dans un lieu de stockage sec, aéré et profitez- en pour inspecter dans l’ordre : l’état général du harnais, de la housse et du poumon (absence d’accroc et de trace d’usure des coutures).

Pour les housses dotées d’une fermeture à glissière, rincez abondamment pour éliminer le sel. Vérifiez les dates de péremption des percuteurs automatiques (durée de vie de cinq ans pour un percuteur Hammar, trois ans pour un percuteur UML), inspectez visuellement la bouteille de CO2 (trace de corrosion) et pesez-la pour comparer avec le poids indiqué par le fabricant – si elle est plus légère, c’est qu’elle a fuité.

En cas de doute – il n’existe pas d’obligation de faire réviser son gilet de sauvetage –, faites vérifier votre gilet dans des stations de révision comme celles de Plastimo à Lorient (entre 30 et 70 €) ou Secumar, bien implanté en France avec dix stations de contrôle (entre 35 et 50 €). La sécurité n’ayant pas de prix, rien de tel qu’un petit check-up réalisé par des professionnels pour ne pas jouer avec sa vie !

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