Voiliers Alba : nouveaux sur les bassins

voiliers albas 65 © François-Xavier de Crécy

La magie des voiliers de bassin opère toujours. Il suffisait de constater l’effervescence provoquée par les trois bateaux de Thierry Lamoure autour de celui des Tuileries le jour de notre essai. Les enfants sont médusés, les touristes s’arrêtent, les badauds commentent.

Accélérant au fil des risées, saluant, la quille à fleur d’eau, les rafales trop fortes puis repartant de plus belle, ces petits bateaux exercent un pouvoir quasiment hypnotique sur les spectateurs de 7 à 77 ans. Leur créateur est plus proche du second chiffre que du premier, mais sa capacité d’émerveillement intacte et son enthousiasme pour la navigation en bassin le classeraient plutôt dans la catégorie des éternels enfants.

Un authentique passionné, Thierry Lamoure, déjà constructeur de plusieurs petits bateaux en amateur avant de se lancer, jeune retraité, dans la construction professionnelle de ces voiliers dont il ne manque pas une occasion de vanter les mérites pédagogiques. Et de fait, combien de vocations de marin sont nées autour du bassin du Luxembourg ? Son idée est d’apporter dans la conception et la construction de ces bateaux jouets – qui ont peu évolué – un certain nombre d’innovations.

voiliers albas

L’Albas 65 ne manque pas d’allure sur l’eau, surtout dans cette version vernie

Dans les carènes d’abord, plus tendues et plus puissantes avec un arrière porteur et deux safrans. Dans les gréements ensuite, faciles à démonter grâce à un astucieux système d’élastique cousu dans le gousset du bord d’attaque du foc et conçus pour faciliter les manœuvres de mise à l’eau et sortie d’eau grâce à un renflement en tête de mât. Pour la construction enfin, réalisée dans des blocs de balsa patiemment modelés puis collés entre eux.

Des bateaux plus légers

Une technique qui permet de faire des bateaux nettement plus légers que les traditionnels (1,25 kg), donc plus pratiques et plus réactifs sur l’eau. Ces coques en balsa reçoivent en finition deux couches de résine qui les rendent résistantes au poinçonnement, puis une peinture ou une lasure donnant un effet verni, selon la demande du client. Ces principes ont été appliqués à deux modèles, un petit de 35 cm, et un plus grand de 65 cm. Ce dernier peut également porter un grand spi sur son tangon emmanché dans un œillet proche de l’étrave.

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Le renflement en tête de mât facilite le portage.

On l’envoie pour une traversée sur un bord, l’empannage n’est pas au programme. Pour une navigation plus classique au près, on règle la tension des écoutes en fonction de la force du vent. Plus il est fort, plus on choque pour éviter les départs au lof. Il arrive que le bateau vire de bord dans une rafale, mais c’est assez rare.

Les bateaux naviguent très bien pour peu qu’on soigne le réglage de la quête, qui doit se situer autour de 35 mm pour un comportement ardent, mais pas trop. Les finitions sont artisanales, on le voit bien aux cadènes en fil de fer et à certaines scories de fabrication. On peut regretter ces petites imperfections, on peut aussi considérer qu’elles font le charme de ces jolis bateaux faits à la main dans l’atelier de Thierry Lamoure, à Montrouge (92), vendus à ce jour exclusivement sur internet et également disponibles en kit.

 

 

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