Volvo Ocean Race : gros bras de fer dans le Sud

 

C’était chaud, disputé, très serré, ça devient carrément épique entre Dongfeng et Mapfre, les deux leaders de cette troisième étape de la Volvo Ocean Race entre Le Cap et Melbourne. Une étape qui vaut double, faut-il le rappeler, et qui est en train d’entrer dans la légende de cette course qui en a pourtant vu d’autres… Le duel entre l’équipage de Charles Caudrelier et celui de Xabi Fernandez a atteint des sommets le 17 décembre, dimanche dernier, quand les protagonistes ont enchaîné une trentaine d’empannages en 24 heures, toujours au plus près de la limite de la zone d’exclusion censée les tenir à l’écart des glaces. Pour se faire une idée de ce que cela signifie, il faut écouter le dernier message de Charles Caudrelier.

“On a empanné plus de trente fois hier, pour rester le long de cette limite et avoir plus de vent. Un cauchemar pour l’équipage : empanner toutes les heures pendant trente heures empêche tout sommeil, et demande beaucoup de travail à bord, en bougeant la moindre source de poids d’un côté à l’autre. Plus de 400 kg dans le bateau, et quatre voiles de 100 kg chacune lorsqu’elles sont sèches, mais on peut rajouter 50 kg par voile quand elles sont trempées. Empanner toutes les heures signifie aussi ne pas pouvoir retirer ses équipements pour dormir, donc tu es toujours plus trempé et après tout cela, l’équipage était épuisé…” Xabi Fernandez ne dit pas autre chose, mais affirme que les temps de sommeil sont respectés… car la route est encore longue et les Espagnols auront sûrement d’autres opportunités. N’empêche, cette première attaque en règle s’est soldée par un échec. Redonnons la parole à Charles Caudrelier.

“Pendant vingt-quatre heures, on les voyait revenir lentement, et nous mettre la pression. On a travaillé dur pour trouver la solution nous permettant d’atteindre la même vitesse. Pendant ces trois heures, on a testé beaucoup d’options. C’est toujours une situation difficile, tu n’as pas la vitesse voulue donc tu changes plein de choses, tu modifies tes habitudes et tu en ressors un peu perdu – puis Mapfre nous a dépassés. Nous sommes alors revenus à nos réglages de base, notre vitesse s’est améliorée et après deux bons mouvements, on est repassés devant, et il est maintenant à 6 milles derrière (désormais 8 milles, ndlr). Ce n’est rien à six jours de la ligne d’arrivée, avec autant d’options possibles pour notre route… “Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais les Franco-Chinois n’ont pas craqué. Et même si leur communication est plus laconique, les Espagnols en bavent aussi. Quelle course !

NB : Mapfre a pris la tête depuis la mise en ligne de cette article, et ce n’est certainement pas le dernier dépassement avant la ligne d’arrivée… à suivre de très, très près.

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