Transat Jacques Vabre : Sodebo vainqueur !

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Thomas Coville et Jean-Luc Nélias, vainqueurs à Bahia, ont bouclé le parcours à 24,94 nœuds de moyenne sur l’eau (22,92 nœuds sur la route directe). Ils établissent le nouveau record de l’épreuve, battant de 2h 31 mn le temps de Franck Cammas et Steve Ravussin (2007). Photo ©Jean-Marie Liot/Alea/TJV).

La transat Jacques vabre a livré son verdict dans la catégorie Ultim : Jacques-Vabre-w2 la paire Josse-Rouxel, sur le Maxi Edmond de Rotschild, s’incline devant le tandem Coville-Nélias sur Sodebo Ultim. Comme quoi rien n’est écrit d’avance, comme on aurait pu le croire après les premiers jours de course dominés de la tête et des étraves par le foiler mis à l’eau à Vannes en juillet dernier. Côté Gitana, il y a donc encore du travail pour tirer pleinement profit du potentiel – monstrueux, il faut bien le dire – du nouveau géant. Côté Sodebo, c’est la victoire de l’expérience, celle d’un Thomas Coville qui maîtrise parfaitement son trimaran, comme il l’a déjà prouvé l’an dernier en bouclant le tour du monde en 49 jours et 3 heures. La principale différence entre ce record et la configuration Jacques Vabre, c’est que son routeur Jean-Luc Jacques-Vabre-WNélias n’était plus au bout du fil mais à bord en chair et en os ! Là aussi, les automatismes, la complémentarité technique et la complicité entre les deux marins ont joué à plein. Et qu’en est-il de la classe Ultim ? Le verre à moitié plein, c’est qu’on a assisté à un beau mano a mano (ou plutôt duo à duo) d’anthologie sur l’Atlantique. On aurait même pu rêver d’une arrivée plus serrée encore, voire au contact… Mais le miracle de Pointe-à-Pitre (Route du Rhum 1978) ne s’est toujours pas reproduit. Le verre à moitié vide, c’est que la course des géants se limitait à ce duel, Prince de Bretagne (l’ancien Sodebo II) étant réduit à jouer les figurants, comme on pouvait le craindre, à 1 200 milles des deux premiers au moment de l’arrivée. Vivement que Banque Populaire IX (à l’eau depuis le 30 octobre) vienne grossir la flotte, avec le Macif de François Gabart qui essaie actuellement de battre le record de Coville autour du monde, et l’Actual d’Yves Le Blévec – qui voudrait bien de son côté, établir un nouveau temps de référence sur le tour du monde d’est en ouest (à l’envers). Cette classe Ultim au sens large, on la verra en course à la prochaine Route du Rhum, départ le 4 novembre 2018. Une transat qui fera réellement office de répétition générale du grand tour du monde en solo, toujours prévu pour 2019.

Mais laissons le mot de la fin à Thomas Coville, toujours élégant :

« En partant du Havre, on avait dit que ce serait un mano a mano. Dès la première nuit, on a vu que ça allait être super super chaud. On les a vu passer à notre vent, je peux vous dire que le Maxi Edmond de Rothschild qui vous déboîte au vent à 40 nœuds, c’est super beau. Devant Guernesey, ils nous ont impressionnés parce que leur façon de naviguer voulait dire : « on est là. » On s’est fait un peu distancer sur cette phase. Après la descente au portant après le front, très joli front d’ailleurs, on a senti à un moment donné un truc bizarre. Ils ont roulé le gennaker dans la nuit et se sont décalés. Du coup, nous aussi on s’est décalés dans l’ouest et on est passés devant. On s’est dit : peut-être qu’ils ont voulu assurer. On ne savait pas. Jusqu’à ce matin, on a tout donné. Cette nuit, à 100 milles du but, on a senti qu’ils jetaient l’éponge. C’est un moment très jouissif. C’est une belle victoire parce qu’elle montre qu’on sait faire autre chose que des records, on sait gagner des courses. C’est une belle histoire, on n’a pas laissé grand-chose de côté. L’état du bateau aujourd’hui, après la traversée qu’on a faite, c’est le résultat d’un boulot monstrueux. Tous les teams ont magnifiquement évolué. Ce qu’ils ont fait en deux mois sur le Maxi Edmond de Rothschild pour amener le bateau à Bahia, cela signifie clairement que c’est un bateau dont on n’a pas fini de parler. »

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Sébastien Josse et Thomas Rouxel, arrivés 1 h 47 mn après Sodebo Ultim’ sur leur foiler géant Maxi Edmond de Rothschild. (photo Transat Jacques Vabre)

 



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