Alain Maignan contraint de faire demi-tour

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Alain Maignan était parti fin septembre pour réaliser une nouvelle aventure et pas des moindres : un tour du monde en solitaire (un “classique” jusque-là), mais contre vents et courants, histoire de pimenter l’aventure. Il repartait sur Shouten, son fidèle Sun Rise 34 sur lequel il s’était fait un nom et une sacrée réputation, dix ans auparavant. Il avait alors bouclé un tour du monde en solitaire par les trois caps. Dix ans pour oublier les chavirages dans les mers dantesques des 40emes rugissants et ne garder en mémoire que le bonheur grisant de la solitude et du dépassement de soi.

 

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Dans le numéro 255 (mars 2017), retour sur son projet.

 

Mais voilà, aussitôt parti il a dû faire demi-tour et regagner le port de La Trinité pour revoir sa balise de tracking, remplacer sa girouette-anémomètre tombée à l’eau et réviser son pilote de secours. Une grande déception pour le solitaire qui venait tout juste de “rentrer” dans sa bulle, son aventure. Début octobre, le voilà reparti plus remonté que jamais. Il file à vitesse grand V (tout est relatif, il navigue sur un Sun Rise 34) cap au sud-ouest. Le 23 octobre, il aperçoit les côtes du Cap-Vert, le 31 octobre, il franchit l’équateur et entame sa descente au large des côtes brésiliennes. Une descente stoppée nette dans la nuit du lundi 20 novembre :

“Vers 2 heures du matin, le bateau a été stoppé net, sans doute par un cétacé, vu le bruit. Alain a bondi de sa couchette croyant à un démâtage, rien… Contrôle si voie d’eau, rien d’anormal… Pas tranquille, il décide de contrôler les fonds, débarrasse tout, décoince les planchers et découvre les dégâts. La varangue devant l’épontille est fendue à deux endroits. Les voiles ont été aussitôt affalées pour éviter des pressions supplémentaires. Pas de voie d’eau pour l’instant. Alain va consolider en stratifiant (tissus et résine). Actuellement la mer est formée avec 4 à 5 m de creux, ce n’est pas évident.”

Au bout de 24 heures, le skipper de Shouten prend la douloureuse décision de faire demi-tour. “Sécurité d’abord” dit-il dans un message adressé à sa femme et publié sur les réseaux sociaux:

“Fragilisé par la varangue principale (…) fendue dans deux endroits, Shouten n’est plus en mesure à 100% d’affronter les mers du Sud. La consolidation superficielle en strat’ va, je l’espère, suffire pour faire la route retour. Après quelques milles sous voiles réduites, ça a l’air de se tenir, croisons les doigts. Nous nous sommes tellement investis dans ce projet… Je me console en pensant que j’aurais pu couler sur place ou démâter par l’arrêt brusque… Alors que là je pense pouvoir faire route. Je vais me rapprocher des côtes au cas où. Après deux jours passés dans les fonds du bateau avec l’odeur de résine et des creux de 4-5 m, l’appétit n’est pas au rendez-vous, j’espère que ça va revenir rapidement”.

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On imagine l’immense déception après des années de préparation et d’envie de large et d’aventure. Comme pour le Vendée Globe ou n’importe quelle course au large, la rencontre hasardeuse avec un OFNI est l’une des plus grandes craintes des navigateurs. Une loterie sans gagnant. Dans son malheur, Alain Maignan a eu la chance de pouvoir limiter les dégâts et de pouvoir compter sur Shouten pour rentrer à bon port… On ne doute pas de la détermination du marin de mener à bien ce projet.

Suivez son parcours en ligne et ses comptes rendus sur les réseaux sociaux et sur son site.



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