Clap de fin sur la SNIM

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Ce mardi matin, un rapide état des lieux corporel fait office de bande-annonce du week-end : muscles endoloris, tibias et genoux bleutés, cheville enflée, voix éraillée… C’est le tarif standard pour quatre jours de SNIM, balayés par le mistral parce que sinon c’est pas du jeu. D’autres ont dû se faire un peu peur et surtout plus mal dans des manœuvres rendues périlleuses par les rafales et une houle qui s’est dressée samedi pour s’évanouir lundi. Cette SNIM, 52e du nom, a tenu ses promesses en mer comme à terre, grâce à une horde de sympathiques bénévoles qui ont œuvré au bon déroulement de ce rendez-vous pascal.

La rade de Marseille était comme d’habitude divisée en deux terrains de jeu. Sur la rade Nord, les gros – IRC 0, 1, 2, 3 – et quelques pros n’ont rien lâché pendant les quatre jours. Ils ont inauguré le week-end avec la fameuse course de nuit – ou la grande course c’est selon – dans des conditions plus calmes que l’année dernière. La descente sous spi jusqu’aux Embiez avait en effet été aussi rapide que sportive. Le retour, avec du mistral dans le nez et une mer hachée, avait été une autre paire de manches, et les accidents – blessés et hommes à la mer – avaient un peu secoué les équipages. Du coup, cette année, la course de nuit avait presque des allures de promenade de santé. Presque, parce qu’avec le vent mollissant, il fallait prendre les bonnes options. Quand les grands IRC prenaient le large, la flotte d’IRC 4 et des Grand Surprise faisait des ronds dans la rade Sud. Et ils n’ont pas chômé avec trois manches lancées coup sur coup, histoire de s’échauffer et de prendre le pli du week-end sportif. A l’issu de cette première journée, les premiers podiums donnent le ton et ne donneront pas lieu à de grandes variations.

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Le deuxième jour, le samedi donc, le mistral s’est imposé, la mer s’est ondulée et les manches ont fini par se jouer sous pavillon Y après un homme à la mer en procédure de départ (aussitôt repêché). Avec des claques à plus de 25 nœuds, la chorégraphie des manœuvres devait être impeccable sous peine de gros frissons. Et il n’y a pas de secret : c’est là que les équipages bien entraînés comptent double, voire triple, c’est selon. En rade Nord, moins protégée, les IRC 0, 1, 2 et 3 se sont bien bagarrés. Mais la mer et les rafales ont compliqué les opérations. Des spis ont fait des tours et des tours, des voiles se sont déchirées, des équipiers se sont amochés… Quelques frayeurs, donc, notamment sur Coyote, un TP52 qui a eu vu son spi coincé dans les hauteurs, un tacticien blessé par les fouets des écoutes et un volontaire (valeureux) grimper en tête de mât pour déchirer la voile.

Mais le soir, encore salés et parfaitement rincés (de fatigue), la plupart des régatiers se sont retrouvés à l’Annexe de la Nautique. Quatrième manche, pour certains la plus longue, ponctuée par le plateau “On refait la SNIM“, un débrief quotidien sur la journée, avec croisement des expériences et retour sur des points clefs, comme la sécurité à bord.

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Dimanche, le mistral s’est magistralement imposé, levant une houle indisciplinée. Les prévisions annonçaient des rafales à 40 nœuds dans la journée. Le comité de course n’a pas longtemps hésité à envoyer un aperçu sur A pour les “petits”, à savoir les Surprise et les IRC4. La Nord étant impraticable, les grosses unités sont donc parties jouer un peu plus à l’abri en rade Sud, plus protégée peut-être, mais sous pavillon Y tout de même. Une manche et une seule car face au mistral qui fait des pointes, certains équipages préfèrent prévenir que réparer, d’autres, comme le leader en IRC 0, le TP52 Team Vision Futur, n’ont d’autre choix que de rentrer justement pour réparer la GV déchirée. L’aperçu sur A est finalement envoyé et tout le monde rentre s’abriter, ranger, se reposer…

Le lundi, le mistral a lâché un peu de terrain pour permettre de conclure cette SNIM en beauté. La journée a été technique avec un vent irrégulier à la fois en force et en direction. En rade Nord, les grosses unités ont enchaîné deux manches dont un parcours côtier. En rade Sud, ça s’est joué sur trois manches, dont une assez tactique avec un vent tout à fait mollissant à la bouée au vent. C’est justement le moment où les tacticiens sont à fleur de peau (et de mots d’oiseau), les yeux plantés sur la mer à deviner la risée, intimant l’ordre aux équipiers de se déplacer (par pitié !) en douceur, voire de ne pas bouger du tout, avant que ça ne rentre, un peu, puis tout à fait pour passer cette dernière ligne de SNIM en déboulant sous spi, à fond la bulle. Le pied.

Petit aperçu d’un départ le dernier jour, depuis le cockpit du JOD 35 de l’école de voile de la Nautique :

 

Dans la foule des équipiers, des gueules un peu grillées certes, les traits un peu tirés aussi, mais le plaisir se lisait sur les sourires gercés. Sur les podiums, pas vraiment de surprise, la joie des uns fait la (gentille) rancœur des autres mais tous s’accordent à dire que c’était une sacrée édition.

Classement

IRC0 – 8 courses, 7 retenues

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1/ Team Vision Future (Jean-Jacques Chaubard) 7 pts
2/ Alizée (Laurent Camprubi) 14 pts
3/ Arobas2 (Christophe Bouvet) 21 pts

 

IRC1 – 8 courses, 7 retenues

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1/ Tonnerre de Glen (Dominique Tian) 9 pts
2/ Lady First 2 (Jean-Pierre Dréau) 14 pts
3/ Adrénaline (Michel Gendron) 28 pts

IRC2 – 8 courses, 7 retenues
1/ Vito 2 (Gian Marco Magrini) 15 pts
2/ Geranium Killer (Pascal Favalo) 16 pts
3/ Jivaro (Yves Grosjean) 16 pts

IRC3 – 8 courses disputées, 7 retenues

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1/ Twinl Banque d’Affaires (Franck Loubaresse) 9 pts
2/ TIP (Gilles Pages) 19 pts
3/ Euro-Voiles (Denis Infante) 22 pts

IRC4 – 9 courses, 8 retenues
1/ Expresso (Guy Claeys) 18 pts
2/ Atlog (Antony Steinberg) 19 pts
3/ Meltem (Laurent Sagols) 21 pts

Surprise – 7 courses disputées, 6 retenues
1/ Goaly (Nicolas Beauregard) 12 pts
2/ Petit Tabac (Frank Reinhardt) 14 pts
2/ Hegoa (Maxime Faure) 18 pts

Grand Surprise – 10 courses disputées, 9 retenues
1/ Vieux-Farceur (Loïc Fournier-Foch) 17 pts
2/ Numericompta (Paul d’Ortoli) 21 pts
3/ Airbus Hélicoptère 2 (Thomas Clerc) 30 pts



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