Danger en Australie

Cette photo d’un requin a été prise par Lionel Cottin, le cameraman de l’équipe de France à la sortie du port de Perth au moment où les Star rejoignaient leur rond de course. Fallait-il y voir un présage des dangers qui guettaient nos coureurs engagés dans ce mondial ISAF? Avec le recul, on peut le voir sous cet angle, d’autant que cette grande compétition a pris sur la fin des allures de déroute dans le camp tricolore…

Rappelons que ces mondiaux ISAF avaient au moins une triple importance : il s’agissait en premier lieu d’essayer de décrocher un titre mondial qui ne fait jamais mauvais effet sur une carte de visite. De ce point de vue-là, on ne peut pas parler de franche réussite, avec une seule médaille à l’arrivée, en match-race féminin. Claire Leroy et ses équipières ont manqué la finale d’un cheveu et confirment avec ce podium les espoirs de médailles olympiques qui reposent sur leurs épaules. Car ces championnats du monde servaient aussi à sélectionner les nations pour la grande compétition olympique qui se déroulera à Weymouth en août prochain. Objectif atteint. Dans les dix séries nos coureurs ont réussi à qualifier la France. Il faudra que l’on m’explique exactement comment, nous avions compris qu’il était nécessaire de faire partie des dix premières nations pour voir son ticket validé pour les Jeux (où le nombre d’équipages est limité à un par pays mais où le nombre de bateaux au départ est également limité). En Laser Radial (solitaire femme), nos meilleures représentantes terminent respectivement 21e et 22e ! Et c’est ici qu’apparaît le troisième enjeu de ce mondial : démontrer au sélectionneur, le Directeur technique national présent sur les lieux, que l’on mérite la sélection. Ce championnat était en effet la dernière grande régate d’observation avant l’annonce des sélections.

On peut dire que les coureurs n’ont pas facilité la tâche de Philippe Gouard, un certain nombre de favoris terminant l’épreuve juste derrière leurs outsiders. Plus gênant encore, nombre de nos chouchous pour les médailles n’ont même pas pu entrer dans les dix premiers pour participer à la Medal Race. Sachant que l’objectif crânement annoncé est de six médailles à Londres, on comprend que le président de la fédération fasse la grimace. On l’a vu, le compte n’y est pas en Laser Radial, il n’y est pas non plus en 470 féminin où la compétition entre les équipages Duroux/Petitjean et Lecointre/Geron les exclut tous deux de la Medal Race. Le DTN relève avec un certain agacement que ces deux équipages terminent leurs deux dernières manches aux 18e et 19e places, signe évident d’un marquage fratricide. Des questions aussi du côté du 49er où Stéphane Chrisitidis et Emmanuel Dyen ont complètement raté leur dernière journée de compétition avec une disqual et un départ prématuré qui les renvoient à la 18e place du championnat, bien loin de leurs capacités et de leurs ambitions.

Il n’est sans doute pas nécessaire de noircir le tableau. Les Français étaient bien présents en planche à voile (RS:X masculin et féminin), et même doublement présents en 470 masculin et en Star. Dans ces deux catégories, le résultat vient mettre la pression sur le sélectionneur puisque en 470, Charbonnier/Mion terminent devant les intouchables Leboucher/Garros et qu’en Star Rohart/Ponsot ont pris le meilleur sur Florent/Rambeau, plus réguliers lors de la saison.

Pour connaître les sélectionnés français, le DTN nous donne rendez-vous le 6 janvier.

Pour les résultats complets de Perth, c’est ici



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